Tourtière sacrée, sacrée tourtière

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Pour partir une vraie bonne chicane de région, suffit de dire à quelqu’un du Lac «il est bon, ton pâté à la viande…» et de regarder le ketchup revoler sur les murs. On risque de vous répondre, d’un ton chantant, que «vous faites simple».

Même chose en Gaspésie, sur la Côte-Nord ou à Charlevoix, où l’on tient jalousement à son cipâte et à son cipaille. C’est qu’on ne niaise pas avec la tourtière/le cipâte/le cipaille/le six-pâtes (il vaut mieux mettre tous les noms pour éviter un incident diplomatique). Cette concotion de viande, habituellement en cubes (mais ça dépend des paroisses), cuite pendant de longues heures dans une belle pâte croustillante et dorée, se rapproche de l’objet sacré.

Chaque Noël, on lui fait un autel, sous la forme d’une table pliante recouverte d’une p’tite nappe en plastique à motifs de couronnes à paillettes. En guise de vin de messe, on lui débouche une broue bien froide. Et quand vient le temps de l’eucharistie (c’est-à-dire de la découpe, où tout le monde veut son bout de croûte), on fait la file pour obtenir le corps du Crisco. En région, quand vient le temps de manger, on est ben ben pratiquants.

En manque?

On prend son fix de gastronomie jeannoise grâce à l’authentique tourtière Bouchard.
De la vraie de vraie, parole de bleuet.
Dans plusieurs supermarchés de la région de Québec
Par Caroline Décoste
(Cet article est paru dans le numéro 6 du magazine, page 74.)

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