Pascal Paradis : Le justicier démasqué

Photo de Pascal Paradis cofondateur d'Avocats sans frontières à Québec.

Tout plaide en sa faveur. Figurant parmi les 25 avocats les plus influents au Canada, membre fondateur d’Avocats sans frontières (ASF) à Québec, Pascal Paradis rêve depuis toujours d’une société juste et solidaire. Face aux pires crimes contre l’humanité, il use chaque jour de ses talents pour que justice soit faite.

Médaillé de la rentrée

Me Pascal Paradis a reçu la Médaille du Conseil du Barreau du Québec, rentrée judiciaire 2015.

Pascal Paradis est profondément révolté par l’injustice. « Le seul moyen pour moi de guérir toute cette colère est d’être dans l’action », affirme l’avocat de Québec qui, il y a plus de 10 ans, laissait tomber une brillante carrière d’associé dans un grand cabinet de droit des affaires de Québec pour cofonder ASF. « J’ai frôlé la mort au Nicaragua. Ça m’a forcé à m’interroger sur le sens que je voulais donner à ma vie. J’ai choisi de lutter chaque jour contre les pires atrocités en participant concrètement à l’avancement des droits de l’homme. »

Touchés!

ASF a d’abord vu le jour en Belgique en 1992. C’est lors d’un voyage en France, en 2002, que maître Dominique-Anne Roy fait la rencontre des dirigeants d’ASF France. Touchée par leur approche humaniste, elle joint ses deux confrères et amis, Mes Pierre Brun et Pascal Paradis, afin de créer, en 2004, le quartier général d’ASF Canada, à Québec.

ASF Québec gère des programmes de coopération internationale dans plusieurs pays du monde. « On permet à des juristes d’ici de donner de leur temps à des juristes d’ailleurs qui supportent les plus grandes victimes des plus grandes injustices de la planète. » La plupart des dossiers concernent des cas de massacre, de génocide, de torture, de crime de guerre et de violence sexuelle à grande échelle. « Ce sont des dossiers à faire pleurer. En même temps, on voit la capacité de résilience de l’humain, on apprend le courage, le pardon, l’empathie et l’altruisme, et ça, c’est extraordinaire. »

Lutter contre l’impunité

ASF effectue une vingtaine de missions par année dans plusieurs pays, dont Haïti, où il est impliqué dans le procès de Jean-Claude Duvalier, l’un des grands dictateurs de l’histoire. « Malgré son décès, le procès se poursuit contre les hauts dirigeants de son régime dictatorial. Si ces gens-là ne sont jamais condamnés, c’est un signal très fort en faveur de l’impunité », clame Pascal Paradis.

En Colombie, ASF travaille entre autres avec les communautés autochtones qui tentent de faire reconnaître le territoire ancestral de leur communauté. Au Mali, où un conflit armé dure depuis 2012, l’organisation amorce un programme de cinq ans appelé « Justice, prévention et réconciliation pour les femmes, mineurs et autres personnes affectées par la crise ». « On va travailler à ce que le dialogue social se rétablisse, à reconstruire le tissu social, à établir des processus de justice. »

Droit devant

Photo de l'équipe d'Avocats sans frontières à Québec.

L’équipe d’Avocats sans frontières à Québec.

Comment des avocats d’ici peuvent-ils contribuer à des procès d’une telle envergure? « Nous travaillons avec des pays où les facultés de droit et le barreau sont souvent inexistants. Les avocats du Québec sont formés à préparer des argumentations de manière méthodologique, avec de très fortes valeurs d’éthique, de déontologie et de respect des droits de l’homme. »

ASF possède des bureaux au Mali, en Colombie, au Guatemala et à Haïti. À Québec, l’organisme est fortement soutenu par le barreau et la mairie de Québec. « On est vraiment fier de faire tout ça à partir d’ici. »

 

Envie de faire un don?

asfcanada.ca

Par Diane Laberge

(article paru en page 60-61 du magazine 16.08, numéro 9, automne 2015)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *