Pyjama et cheveux gras

Jeunes femme qui écoute un film en pyjama

Les séries télé, c’est comme une boîte de biscuits : on plonge la main en se promettant que c’est le dernier, puis on finit toute la boîte sans même s’en rendre compte, on part fouiller dans le garde-manger pour une deuxième et, première chose qu’on sait, il fait jour, on s’est endormi sur le divan, on est rempli de miettes et on a les cheveux gras. On est sincère quand on dit : « Oui, oui, c’est le dernier, et après, je vais me coucher. » On n’a juste aucune volonté.

Le toupet huileux étampé dans le front, on émerge du sofa, histoire d’aller faire provision de nouveaux biscuits pour commencer une deuxième saison. Les jours ne se découpent plus en heures, mais bien en épisodes, et gare à celui qui voudrait aller faire un « p’tit peupi » pendant le visionnement en rafale : la vessie attendra, on ne pèse sur pause pour quoi que ce soit!

Il n’y a que deux règles qui tiennent dans la maison :

1) la seule sonnerie à laquelle on répond, c’est celle qui indique que la pizza full pepperon’ est arrivée;
2) on enlève son pyjama uniquement pour en mettre un propre.

Avant, on avait une vie. Des amis. Les cheveux brillants. Maintenant, on a Netflix.

 

Ce qu’en dit l’Office québécois de la langue française (OQLF)
Selon l’OQLF, le visionnement en rafale (binge watching) « consiste à regarder plusieurs épisodes d’une émission […] les uns à la suite des autres et sans interruption. [Il] peut être fait raisonnablement comme il peut mener à l’excès ». Pfft, même pas vrai!

Par Caroline Decoste
(article paru en page 98 du magazine 16.08, numéro 9, automne 2015)

Laisser un commentaire