Y fait pitié, le pain sandwich

Pain sandwich Ricardo

C’est le mal-aimé de la table des Fêtes. Ceux qui le connaissent le boudent; ceux qui le découvrent se reculent, dégoûté. Croisement entre des petites sénnouiches-pas-de-croûte et un gâteau forêt-noire, le pain sandwich se tient tu-seul dans son coin, enviant le succès de ses cousins les p’tits pains fourrés.

La légende jeannoise veut que, tel le comte de Sandwich qui donna son nom au concept de jambon entre deux tranches, le sieur de Tremblay trancha son pain sur le long au lieu de sur le large et s’excusa en disant que c’était voulu. Sa femme, pour sauver les apparences de son maudit gigon de mari qui faisait simple, étendit du mélange aux oeufs sur la première tranche, de la salade de poulet sur la deuxième et du jambon haché à la mayonnaise sur la troisième. Si vous n’êtes pas encore nauséeux, sachez qu’elle décida, dans un élan de créativité, de recouvrir le tout de Cheez Whiz (certains mettent du Philly, mais eux, on leur parle pas).

Depuis ce temps, on le retrouve sur la table du réveillon des régions, bien vêtu de petites olives vertes tranchées, d’une branche de persil et d’un traîneau en plastique rouge. Quand il est chanceux, il finit dans l’assiette d’une grand-maman, ou d’un nouveau conjoint qui ne soupçonne rien. Sinon, c’est direct dans le frigo chez Roger, pour déjeuner, avec un café. Ce n’est pas appétissant, mais ce ne serait pas pareil sans.

Une p’tite tranche?

C’est bien beau d’en parler (et d’en rire), mais pourquoi pas en cuisiner un? Notre Ricardo national a sur son site une savoureuse recette 100 % authentique et orange.

Par Caroline Décoste
Photo : ricardocuisine.com
(Cet article est paru dans le numéro 10 du magazine 1608, hiver 2015,  pages 82.)

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