Trente fois «ça tourne» pour Le Clap

Movie Projector

Pour parler du trentième anniversaire du plus vieux cinéma de répertoire en ville, 16.08 a décidé de faire appel à un gars «de l’intérieur» : le journaliste et cinéphile Pierre Blais, qui est aussi blogueur pour Le Clap. À vos popcorns!

Fondé au milieu des années 80, ce complexe de salles de cinéma dédié aux films québécois et internationaux est devenu le château fort de la diffusion du 7e art dans la capitale. Le Clap a vu ses deux premières salles inaugurées le 15 novembre 1985 et a instantanément fait le bonheur des cinéphiles de tous âges de la région de Québec.

Toujours actif à titre de programmateur, l’un des quatre fondateurs du Clap, Michel Aubé, explique ce qui fait le charme de ce lieu comptant aujourd’hui sept salles : «Nous avons toujours eu comme vocation de présenter des films de partout, de prendre des risques que les autres ne prennent pas, d’être un prospecteur. Trainspotting 2 fait la une de notre magazine actuellement, et ça semble évident aujourd’hui, mais je me souviens que lors de la sortie du premier, en 1996, on avait eu le flair de le mettre aussi à la une et d’oser le sortir à Québec.»

Le succès a été au rendez-vous comme pour bien des œuvres marquantes soutenues uniquement par Le Clap : Parle avec elle (Pedro Almodóvar, Espagne), La vie est belle (Roberto Benigni, Italie) Les ailes du désir (Wim Wenders, Allemagne), La belle histoire (Claude Lelouch, France), Crimes et délits (Woody Allen, États-Unis) et Tigre et dragon (Ang Lee, Taiwan).

Au fil du temps, les salles du Star Cité, du Cinéma de Paris, des Galeries de la Capitale et de Place Charest ont fermé leurs portes pendant que Le Clap s’agrandissait, devenant un vecteur essentiel de la vie culturelle de la capitale, offrant un regard unique sur les cinémas du monde.

«On a “reviré de bord” la ville avec notre façon de mettre en valeur ce qui se fait de mieux à l’échelle mondiale», de préciser le directeur, Robin Plamondon.

«Les films qui se retrouvent aux Oscars ou dans les festivals comme Cannes sont tous passés par Le Clap. Grâce à ça, nous avons pu développer le sentiment d’appartenance de notre clientèle, qui vient en moyenne deux fois par mois découvrir une nouveauté sur nos écrans», souligne-t-il avec fierté.

Le plus grand changement survenu depuis l’ouverture des lieux, c’est bien sûr le nombre de productions diffusées. Robin Plamondon précise : «Au début, une cinquantaine de longs métrages étaient lancés sur nos écrans par année. Aujourd’hui, c’est cinq nouveautés qui débarquent chaque semaine. C’est énorme! Déjà que le public est submergé par les pubs de blockbusters américains… Il faut s’ajuster, trouver un moyen pour que chacune des œuvres trouve son public en peu de temps, car le prochain arrivage est déjà planifié. Le défi est donc de faire rayonner les prochaines sorties à l’aide des réseaux sociaux, de s’assurer que le bouche-à-oreille fonctionne afin qu’un film, peu importe son genre ou son origine, ne passe pas inaperçu», de conclure celui qui voit venir les 30 prochaines années de cinéma comme le plus beau des défis.

Place à la relève

Au Clap, l’audace passe aussi par la présentation de courts métrages, chose encore trop rare ici en 2017. On peut donc y voir, avant chaque projection, les talents en animation des étudiants du baccalauréat en art et science de l’animation de l’Université Laval.

Les vedettes y font leur tour

Au fil de son existence, tout le milieu du cinéma québécois a fait un détour par Le Clap. Robin Plamondon garde de forts bons souvenirs de ces passages, comme lors de l’avant-première de Louis 19, le roi des ondes en 1994. « Yves Jacques était sur place et il a pris le temps de faire le tour de tous les bureaux afin de se présenter humblement à chacun des employés, s’intéressant au travail de chacun.» Et d’ajouter que ce fut la même chose lors du passage de Julien Poulin en 2014. Porte-parole du Festival du Film Étudiant de Québec, l’acteur, pensant qu’on ne s’intéressait à lui que pour Elvis Gratton, avait été ému par l’admiration que lui vouaient de jeunes cinéphiles venus au Clap pour le rencontrer.

Cinéma Le Clap
2360, chemin Sainte-Foy

Par Pierre Blais
(Cet article est paru dans le numéro 15 du magazine, pages 42-43.)

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