Bernard Gilbert: Ma ville à moi

Photo: Renaud Philippe
Photo: Renaud Philippe

Avec son équipe, Bernard Gilbert a réussi son pari : faire sortir la littérature dans la rue. Le festival Québec en toutes lettres, c’est un ovni littéraire dans le meilleur sens du terme.

On le rejoint au cœur de la magnifique Maison de la littérature, ancien temple méthodiste néogothique reconverti en bibliothèque et maison d’écrivains. À 24 h du dévoilement de la programmation, le directeur a hâte de présenter les nouveautés de ce festival pas comme les autres.

« Je voyage beaucoup et je le vois : Québec en toutes lettres est unique. Il y a peu d’événements du genre aussi éclatés avec une telle variété d’activités. C’est très rare en Europe francophone. Tous ces aspects qui sortent la littérature des murs nous distinguent des autres. C’est là notre force », raconte-t-il fièrement. C’est la volonté du festival : sortir la littérature des livres, la mettre « dans » la ville.

Comment faire passer l’écrit à la vie? En étant audacieux : peindre une nouvelle d’Isaac Asimov sur les trottoirs de Saint-Roch, organiser un speed dating littéraire dans des chambres d’hôtel (Œuvres de chair), partir en promenade gourmande sur les traces de l’héroïne de Chrystine Brouillet… « Nous amenons une nouvelle dimension qu’on appelle les arts littéraires. C’est très stimulant pour le milieu, et ça répond à un besoin, à une volonté de faire la promotion des écrivains, notamment de Québec », souligne celui qui a d’abord fréquenté le festival comme invité avant d’être nommé directeur en 2013.

Cette année, c’est sous le thème « Écrire Québec » que se dérouleront les activités. Pour Bernard Gilbert, c’est un thème en or : « on avait envie, Isabelle Forest [coordonnatrice des activités littéraires] et moi, de mettre l’accent sur les écrivains d’ici. » Ce thème a plusieurs visages : écrire à propos de la ville, écrire sur ou « dans » la ville, avec les écrivains vedettes Jacques Poulin et Pierre Morency, écrire aussi à propos du mot autochtone et mettre en valeur les auteurs de la communauté huronne-wendate.

Québec en toutes lettres a une mission importante : celle de faire place à la relève. « On veut sensibiliser les jeunes à la poésie avec Hashtag ta ville, les engager avec le comité de jeunes programmateurs. Faire quelque chose comme le parcours Et si…, dans un autobus du RTC, c’est très stimulant! Ça ouvre les champs de la littérature. Ce qui est possible à Québec ne l’est pas forcément ailleurs. Ici, les auteurs de la relève fraient avec les artistes, les musiciens… il y a quelque chose qui bouillonne à Québec autour de l’idée d’une capitale littéraire, et ça me rend très fier. » Celui qui quittera ses fonctions pour prendre la direction du Diamant n’est pas près de s’éloigner de cette effervescence. « Si je vais fréquenter l’événement comme festivalier l’an prochain? J’espère bien! » conclut-il dans un grand éclat de rire.

Fêter les livres

À travers ateliers, spectacles, rencontres d’auteurs, expositions et activités jeunesse, on verra la ville à travers les yeux et les mots des écrivains pour la 8e édition du festival littéraire Québec en toutes lettresJusqu’au 29 octobre

 

Par Caroline Décoste
Cet article est tiré du numéro 17 du magazine.

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