Vivre Rio des lignes de côté

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Parfois guides, parfois leaders, voici deux entraîneurs de Québec dont les athlètes seront à Rio en août, et qui vivent bien à leur manière le stress de la compétition.

Frédéric Jobin : l’expérimenté

Frédéric Jobin participera en août à ses quatrièmes Jeux olympiques en tant qu’entraîneur de l’équipe canadienne de kayak. Et même si ce n’est pas lui l’athlète, il sent qu’il est dans le même bateau. Littéralement.

C’est que malgré son expérience olympique, Fred Jobin, dont les athlètes s’entraînent à Lac-Beauport, avoue qu’un stress immense l’envahit au moment où ses kayakistes se dirigent vers la ligne de départ. À ce moment, «je n’ai plus aucun contrôle sur leur performance». Et quand le coup de départ est donné, le stress s’envole! «C’est un peu comme quand t’embarques sur la glace de hockey. T’es dans l’action», illustre l’entraîneur, qui a près de 30 ans de coaching à son actif.

Bien sûr, il admet que le stress est particulièrement élevé aux JO, mais son rôle est justement de rappeler aux athlètes que «c’est une compétition comme les autres» même si, dans les faits, ce n’est pas le cas! Il l’a remarqué au fil des ans, l’anticipation des Jeux amène un niveau d’attention supérieur. «Je les sens meilleurs, un peu comme durant une période d’examen. Le niveau d’attention augmente, donc le niveau de concentration augmente.»

Et l’après-compétition dans tout ça? «Que ça se soit bien ou mal passé, on fait un bilan de course», explique celui qui se fait un devoir d’analyser de manière exhaustive tout ce qui aurait pu se produire durant la course. «Ça peut devenir obsessif, admet-il, mais il faut garder notre équilibre!»

Frédéric Jobin accompagnera au moins deux de ses athlètes, Mark De Jonge et Émilie Fournel, à Rio en août.

Johanne Girardin : le phare

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 À 15 ans seulement, Sabrina Duchesne nagera aux Jeux paralympiques de Rio à l’automne. À ses côtés d’ici là, son entraîneuse Johanne Girardin, qui cumule plus de 30 ans d’expérience. «Je suis vraiment, vraiment contente et fière d’elle», confie celle qui agit également comme coach de natation au sein de l’équipe du Rouge et Or de l’Université Laval.

Défi de taille : Johanne Girardin ne sera pas à Rio avec sa jeune athlète atteinte de disparésie spastique (un syndrome qui rend ses jambes moins flexibles). Pas qu’elle ne le souhaitait pas, mais seuls quatre entraîneurs pouvaient accompagner l’équipe canadienne de paranageurs. Et elle n’a pas été sélectionnée. «Ça va être stressant» de vivre le moment ultime à distance, admet-elle, mais heureusement, Sabrina Duchesne, originaire de Saint-Augustin-de-Desmaures, sera entre bonnes mains. «J’ai très confiance en l’entraîneur qui va être responsable d’elle là-bas.» Et malgré la distance, Johanne Girardin restera en contact avec son athlète, assure-t-elle.

Jeux paralympiques (qui se tiendront en septembre) obligent, la saison de la jeune nageuse sera prolongée de six semaines, «ce qui est dur à cet âge-là», explique l’entraîneuse. Pour compenser, Johanne Girardin vient de lui prescrire deux semaines de congé. Fait rare, admet-elle, mais nécessaire pour éviter de surmener l’athlète.

Et bien que Sabrina Duchesne, dont la spécialité est le 400 mètres style libre, sera certainement mise à rude épreuve à Rio, pas question de lui mettre une pression de performance, précise son entraîneure depuis quatre ans. L’objectif de participer aux JO étant déjà atteint, l’intention sera plutôt de prendre de l’expérience… en vue des Jeux paralympiques de 2020. Le message est lancé!

À surveiller

Le rugby, un sport encore méconnu ici, fera une entrée fracassante sur la scène olympique cet été. Des membres de l’équipe canadienne féminine de rugby à sept, Magali Harvey et Karen Paquin ont toutes deux forgé leur talent à Québec. Go les filles !

Par Camille B. Vincent
(Cet article est paru dans le numéro 12 du magazine, pages 40-42.)
Illustrations : Laura Doherty

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