Maison Dauphine : amour sans condition

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Au 31, rue d’Auteuil, 500 jeunes reçoivent chaque année un accueil inconditionnel. À La Dauphine, la relation d’être prévaut sur la relation d’aide et les préjugés restent sur le palier.

Des services, La Dauphine en a plusieurs à offrir aux jeunes en situation d’errance ou d’itinérance, aux prises avec des problèmes de toxicomanie, un trouble d’anxiété ou de santé mentale. «Ici, un jeune peut reprendre du pouvoir sur sa vie à son rythme, sans aucun jugement et gratuitement. Nous lui offrons une place pour se reposer, socialiser, étudier et créer», avance le directeur général de l’établissement, Kenneth Edouard Risdon, où, depuis 25 ans, on mise sur les arts comme moyen de reprendre contact avec soi et les autres. «Les fresques sous l’autoroute Dufferin, les vitraux du Terminal des croisières, c’est eux», dit-il en parlant des jeunes.

Suivre le rythme

Souvent, Le Local sert de porte d’entrée aux jeunes de la rue. L’endroit est coloré et bourdonne du matin au soir. On vient profiter d’une soupe-repas, regarder la télé, jouer au pool ou prendre une douche. Depuis peu, on y offre aussi l’hébergement d’urgence.

La Dauphine a aussi mis sur pied une école de rue – la toute première au Québec accréditée par le ministère de l’Éducation – , un service alimentaire, de l’aide à l’emploi, un service juridique, un autre pour les jeunes parents ainsi qu’un programme de remise en action échelonné sur 26 semaines. Souvent, les jeunes qui y adhèrent viennent de sortir de la rue ou des centres jeunesse.

«On offre un temps d’arrêt à qui veut stabiliser sa vie. On l’amène à mieux identifier ses valeurs et ce qui est important pour lui tout en favorisant le développement de ses aptitudes à socialiser et communiquer. On y va à son rythme, sans rien brusquer», précise Josée Thériault, responsable du programme Services spécialisés aux jeunes et du volet animal de La Dauphine. «On a toujours ouvert nos portes aux animaux, que ce soit un chien, un rat ou même un serpent», ajoute-t-elle, affirmant que le lien avec son animal est extrêmement symbolique pour un jeune en détresse.

Jamais sans mon chien

Dès l’âge de 14 ans, Caroline connaît un parcours houleux entre familles d’accueil et centres de jeunesse. «À 17 ans, j’arrivais de Drummondville, je ne connaissais personne à Québec», se souvient celle qui quête des hamburgers pour son chien au carré D’Youville, repère des punks des années 90. C’est à La Dauphine qu’elle rencontre Michel, un jésuite sans qui elle ne serait pas où elle est aujourd’hui.

«Michel m’a initiée à la couture. Grâce à lui, j’ai créé des vêtements et organisé un défilé où les jeunes de la rue portaient mes trucs. Ça m’a énormément valorisée», avoue la jeune femme qui, aujourd’hui, à 40 ans, a complété 7 ans d’études – dont une maîtrise en travail social – et travaille comme intervenante psychosociale à l’organisme Solidarité dans la rue qu’elle vient de créer.

«Même si je suis restée dans la rue jusqu’à 29 ans, La Dauphine a été un passage très significatif pour moi. Sans ça, j’aurais connu une plus grande détresse. Ces gens m’ont armée pour m’en sortir et en plus ils aimaient mon chien, sans condition.»

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maisondauphine.org

Par Diane Laberge
(Cet article est paru dans le numéro 15 du magazine, pages 38-39.)

 

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