Le Grenier à Julie

Photo de Julie Grenier auteur du livre La vie au pas de course

 

À mon amie Julie...

Les mots me manquent.
Pourtant ce sont les mots qui nous ont mis sur la route l‘une de l’autre. Elle aimait mon magazine 1608.
J’aimais sa plume, son talent, son sourire, sa fougue pétillante.
Mais mon amie est partie. Au pas de course. Trop tôt. Trop vite.
Ma chroniqueuse, mon auteure, mon amie Julie, je salue ton talent, ta beauté, ta personnalité charmante et inspirante, ta détermination et ton courage. Tu as été pour moi un beau petit paquet de bonheur.
Et je garde dans mon cœur notre dernier moment à #prendretoutcequipasse.
Je t’aime d’amour,
Anne-Marie
Éditrice du Magazine 1608

 

C’est avec regret que nous avons appris le décès de Julie le 3 octobre dernier. Nous tenons à transmettre nos sincères condoléances à sa famille et ses amis. Voici sa dernière chronique parue dans le Magazine 16.08.

 

Mon marathon à moi

La dernière fin de semaine d’août, la planète course a envahi la ville de Québec pour le Marathon SSQ Lévis-Québec. Pendant près de 3 jours, 10 000 coureurs et 2 000 bénévoles se sont donné rendez-vous dans la joie et l’allégresse, chacun avec son histoire.

Je me souviens comme si c’était hier de la première fois où je me suis pointée à cet événement pour offrir un soutien moral à une grande amie qui y courait un marathon. En lui hurlant mes encouragements décousus, je m’étais mise à pleurer doucement. Il fallait voir ces hommes et ces femmes de tous les âges courir, courir et courir encore en direction de leur objectif, leur rêve, leur soif de dépassement. J’étais profondément émue par autant de courage et de détermination au kilomètre carré. Dans chaque pas, lourd ou léger, je sentais qu’il se cachait une histoire. Une belle. Et c’est ça, le plus beau, le plus touchant.

Ma fascination pour les coureurs ne date pas d’hier, donc. Pour être franche, et je sais que c’est un vilain défaut, je les ai toujours enviés d’avoir cette passion dans leur vie. Oh, même si j’avais dit que je ne joggerais jamais, je m’y suis mise, moi aussi, il y a deux ans. Pour la forme. De courtes distances en entraînement, quelques dix kilomètres dans le cadre d’événements, et j’ai franchement adoré. La vibe qui enchante les lieux est indescriptible. Mais, je dois l’admettre, je n’ai pas ce talent brut, cette grâce naturelle qui les fait planer sur l’asphalte comme si c’était la chose la plus facile du monde.

Puis, un jour, en revenant d’un marathon avec plein d’amis coureurs, je me suis bêtement demandé si, à travers ma vie au pas de course, j’avais une sorte de don, moi aussi. Un truc qui me branchait, me faisait vibrer. L’écriture s’est imposée comme par magie. C’était clair comme de l’eau de roche, j’allais écrire un roman, mon rêve de petite fille. J’avais trouvé mon marathon à moi. J’ai commencé à aligner les mots les uns après les autres ce soir-là pour ne plus jamais m’arrêter.

Trouver son marathon n’a rien à voir avec la course, au fond. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à ce questionnement et le défi n’a pas besoin d’être colossal. Il suffit de découvrir ou de redécouvrir ce que nous aimons, ce qui nous anime, nous fait sentir mieux, nous amène à devenir une nouvelle, une meilleure personne, puis de prendre le temps qu’il faut pour le réaliser avec l’objectif avoué de nous rendre fiers et heureux.

Mon marathon à moi, je l’ai trouvé et ça fait un bien fou. Et vous, quelle forme prend votre marathon?

par Julie Grenier
Photo : Sarah Scott

 


 

Image de la couverture du livre La vie au pas de course

Après un passage presque obligé dans la métropole pour compléter des études universitaires en anglais et démarrer une carrière en communication marketing, Julie a le mal du pays et rentre au bercail. Québec, elle l’aime d’amour depuis toujours. C’est cette ville grouillante de vie et de vécu qu’elle a choisie avec son amoureux pour y vivre et y élever deux filles. Elle ne l’a jamais regretté depuis. En janvier dernier, Julie a publié son premier roman, La Vie au pas de course, aux Éditions Libre Expression.

 

 

(article paru en page 57 du magazine 16.08, numéro 9, automne 2015)

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